Dire l’amour des enfants. Dire l'amour des femmes, des hommes, des êtres humains, des animaux. Dire l’amour des arbres et du vent, des rivières et des fleuves, de la terre, de la mer et de la lumière, du soleil, de la poussière de l’univers, dire la vie, ses petits cailloux coincés au fond de la chaussure, ses pansements sur une plaie, sa nourriture de chaque jour, de chaque instant, dire son baiser sur la main, sur la joue, sur la bouche, sur le sexe de l’autre, celle par qui la sève donne toute sa saveur, sa forme et sa plus grande teneur au geste quotidien –pas de plus grand amour que le jour au jour le jour, au goût de jour.
Dire l’amour par la division approximative d’un langage, de mots, sachant que c’est un geste d’amour, qu’il contient par essence tout l’élan de l’amour, sans jamais pouvoir en exprimer son contenu –le geste en lui-même (n’)est (qu’)amour qui se dit.
